Ordonnance kiné Monaco : l'entente préalable expliquée

À Monaco, une ordonnance de kinésithérapie ne suffit pas à démarrer les séances. La rééducation fonctionnelle est soumise à entente préalable : les Caisses Sociales doivent accepter la prise en charge, sur avis du Contrôle médical, avant la première séance. Sans cet accord, aucun remboursement.

Mis à jour le 11 août 2026 5 minutes de lecture

L'essentiel

  • Une prescription médicale est obligatoire pour obtenir un remboursement.
  • Elle ne suffit pas : la rééducation fonctionnelle exige en plus une entente préalable acceptée par la Caisse.
  • Le dossier comporte deux pièces : la prescription originale et un formulaire signé par vous et votre kinésithérapeute.
  • Les soins ne peuvent pas commencer avant l'accord, sauf urgence médicale.
  • C'est une spécificité monégasque : cette étape a largement disparu en France pour la kinésithérapie.

Faut-il une ordonnance pour voir un kiné à Monaco ?

Oui. La prise en charge par la CCSS ou la CAMTI suppose une prescription établie par un médecin.

Sans ordonnance, une séance reste matériellement possible chez la plupart des praticiens, mais elle est alors intégralement à votre charge : les Caisses Sociales ne remboursent aucun acte de kinésithérapie non prescrit.

Qu'est-ce que l'entente préalable ?

C'est une autorisation que la Caisse délivre avant le début du traitement.

Les Caisses Sociales de Monaco précisent que certains actes — dont la rééducation fonctionnelle — ne peuvent être remboursés que si leur prise en charge a été acceptée au préalable par la Caisse, sur avis du Contrôle médical.

Concrètement : votre médecin prescrit, votre kinésithérapeute et vous constituez un dossier, la Caisse l'examine, et ce n'est qu'après sa réponse que les séances peuvent commencer.

Que contient le dossier d'entente préalable ?

Deux pièces, l'une comme l'autre indispensables.

PièceCe qu'elle doit préciser
La prescription originale du médecinLa nature des soins, leur localisation et le nombre de séances
Le formulaire d'entente préalableRempli par l'assuré et par le praticien, avec identification, cachet et signature

La convention conclue entre les Caisses Sociales et l'Association Monégasque des Masseurs Kinésithérapeutes prévoit expressément que « le praticien remplit et signe les imprimés nécessaires à la demande d'entente préalable dans les conditions prévues par les dispositions de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels ».

Autrement dit : votre kinésithérapeute connaît la procédure et remplit sa part. Vous n'êtes pas seul face au formulaire.

Peut-on commencer les séances avant la réponse ?

Non. Les Caisses Sociales indiquent que les soins ne peuvent être dispensés qu'après acceptation de la prise en charge, à une exception près : l'urgence médicale.

Commencer sans accord vous expose à un refus de remboursement portant sur l'ensemble des séances réalisées.

Combien de temps faut-il attendre ?

Le délai d'instruction dépend de la Caisse et du dossier. Nous ne publions pas de durée chiffrée, faute de délai officiel communiqué par la CCSS ou la CAMTI.

C'est pourtant la principale cause d'attente entre la consultation chez le médecin et la première séance. La conduite à tenir est donc simple : contactez votre kinésithérapeute dès que vous avez l'ordonnance en main, sans attendre. Plus tôt le dossier part, plus tôt vous commencez.

Pour connaître le délai en vigueur, adressez-vous directement à votre caisse.

En quoi Monaco diffère-t-il de la France ?

En France, l'accord préalable a été très largement supprimé pour la masso-kinésithérapie : le traitement démarre dès la prescription, et l'accord n'est requis que dans des situations particulières définies par référentiel.

À Monaco, l'entente préalable reste la règle pour la rééducation fonctionnelle. C'est la différence qui surprend le plus les patients arrivant de France, et elle a une conséquence concrète : le délai entre l'ordonnance et la première séance est structurellement plus long.

Qui s'occupe de quoi ?

  1. Votre médecin établit la prescription en précisant la nature des soins, leur localisation et le nombre de séances.
  2. Vous prenez contact avec un kinésithérapeute sans attendre.
  3. Le praticien remplit et signe sa partie du formulaire d'entente préalable.
  4. Vous signez la vôtre et transmettez le dossier à votre caisse.
  5. La Caisse statue, sur avis du Contrôle médical.
  6. Les séances commencent une fois l'accord obtenu.

Que se passe-t-il si le traitement doit être prolongé ?

Une prolongation suppose une nouvelle prescription et une nouvelle demande. Le kinésithérapeute réalise un bilan qui documente les résultats obtenus et motive, le cas échéant, la poursuite du traitement.

Les modalités exactes de renouvellement relèvent de votre caisse : vérifiez auprès de la CCSS ou de la CAMTI avant la fin de la série de séances autorisée, pour éviter une rupture de prise en charge.

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Questions fréquentes

Puis-je consulter un kiné sans ordonnance à Monaco ?

Matériellement oui, chez la plupart des praticiens. Mais la séance ne sera pas remboursée : la prise en charge par la CCSS ou la CAMTI suppose une prescription médicale.

L'entente préalable concerne-t-elle toutes les séances de kiné ?

Elle vise la rééducation fonctionnelle, expressément citée par les Caisses Sociales parmi les actes soumis à acceptation préalable. Pour un acte particulier, demandez confirmation à votre praticien ou à votre caisse.

Qui remplit le formulaire d'entente préalable ?

Il est rempli conjointement : une partie par vous, l'autre par le praticien, qui y appose son identification, son cachet et sa signature. La convention met cette obligation à sa charge.

Que faire en cas d'urgence médicale ?

L'urgence médicale est l'exception prévue : les soins peuvent être dispensés sans attendre l'acceptation. Signalez-le immédiatement à votre praticien, qui adaptera la démarche.

L'ordonnance doit-elle indiquer le nombre de séances ?

Oui. La prescription doit préciser la nature des soins, leur localisation et le nombre de séances. C'est l'une des conditions de recevabilité du dossier.

Mon médecin français peut-il prescrire pour des soins à Monaco ?

Si vous relevez du régime français, des soins programmés à Monaco supposent l'autorisation préalable de votre caisse d'assurance maladie française. Le remboursement suit ensuite la législation française, sur la base des tarifs monégasques.

Combien coûtera la série de séances ?

Le montant dépend du coefficient de l'acte prescrit et du lieu des soins. Depuis le 1er octobre 2025, la lettre-clé des kinésithérapeutes vaut 3,32 € et l'indemnité de déplacement 6,40 €. Voir le guide « Tarif d'une séance ».

Que se passe-t-il si je commence les séances avant l'accord ?

Vous prenez le risque d'un refus de prise en charge portant sur toutes les séances déjà réalisées. Les Caisses Sociales conditionnent le remboursement à l'acceptation préalable, hors urgence médicale.

Mon kinésithérapeute peut-il refuser de monter le dossier ?

La convention met le remplissage et la signature des imprimés d'entente préalable à la charge du praticien conventionné. En pratique, tous les kinésithérapeutes conventionnés de la Principauté maîtrisent cette procédure.

Sources. Caisses Sociales de Monaco — Actes pratiqués par les auxiliaires médicaux (consulté le 10 août 2026) · Convention C.C.S.S. – C.A.M.T.I. / Association Monégasque des Kinésithérapeutes libéraux du 15 mai 2024 (consulté le 10 août 2026) ·
Article informatif et non contractuel. Les règles et délais peuvent évoluer : vérifiez auprès de la CCSS ou de la CAMTI.

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